Insomnie que faire

Insomnie  que faire

Pourquoi dormons-nous ? C’est un mystère. Mais les insomniaques savent à quel point le sommeil est indispensable. Heureusement, la médecine a des moyens efficaces pour les réconcilier avec les bras de Morphée, sans abuser des somnifères.

Pourquoi donc souffrons-nous lorsque nous ne dormons pas ? Mystère. Du sommeil, on ne connaît vraiment que les différentes  phases de son déroulement. Les spécialistes en distinguent cinq, dans la pratique on n’en retint le plus souvent que trois : le sommeil lent léger, le sommeil lent profond et le sommeil paradoxal – ou temps des rêves Ces phases s’organisent en cycles d’une durée d’une heure et demie à deux heures, une nuit de sommeil comportant quatre à six cycles.

Même les effets de la privation de sommeil sont mal connus. Chacun sait qu’il est difficile de rester éveillé plus de deux nuits d’affilée. Pour en savoir plus sur les conséquences de cette privation, des chercheurs ont empêché de dormir un jeune Américain de 17ans pendant onze jours.

Un record. au terme de cette expérience, le cobaye était dans un état d’épuisement physique et mental extrême. Seule observation intéressante à retenir : le jeune homme a ensuite dormi plus longtemps au cours des deux ou trois nuits suivantes, mais sans perturbations anormales. Les effets sur le comportement se limitent à un irrépressible somnolence pendant le jour.

Un cas extrême frappant une famille a été rapporté en 1992 : une forme d’insomnie fatale qui évolue progressivement vers des hallucinations, une stupeur, puis un coma. Les médecins ont découvert dans le cerveau de ces « insomniaques », des lésions proches de celles de la maladie d Creutzfeldt Jacob. Effet ou conséquence du manque de sommeil ? Nul ne sait.

Le rapport Le grain publié en 1990 soulignait que 35% des Français se plaignent de troubles du sommeil, 15% étant des troubles importants. Une proposition qui ne diffère guère de celles de l’Allemagne ou de la Grande-Bretagne. Mais les Français consomment trois fois plus de tranquillisants que las Britanniques ou les Allemands.

La Grande-Bretagne poursuit depuis dix ans une politique très contraignante : plus de remboursement pour ces médicaments, et une campagne d’information contre les benzodiazépines, qu’il était recommandé d’utiliser seulement pour de courtes durées et de façon appropriée. L’Allemagne  a pesé sur ses médecins, par  l’intermédiaire d’une formation continue,  et ceux d’entre eux qui n’avaient pas suivi les recommandations de limitation de la duré de prescription  ont été poursuivis devant les tribunaux par des consommateurs. L’activité de  ces derniers ayant subi des conséquences graves. En quatre ans, entre 1983 et 1987, la consommation avait diminué de 57,6% en Grande Bretagne et de 47,4% en Allemagne.

La consommation est deux fois plus  élevée chez les femmes que chez les hommes ; elle correspond souvent à un faible niveau d’éducation des  personnes et croit avec l’âge, la solitude et l’isolement. Les adolescents aussi se plaignent du manque de sommeil et, selon une étude de l’Inserm, 10% des filles et 4% des garçons disent prendre régulièrement des somnifères.

Cinq ans après la publication du rapport Le grain la situation n’a pas évolué. La consommation de benzodiazépines reste élevée en dépit du risque de dépendance à long terme.

Les médecins cherchent à faire passer un certain nombre de messages. Il convient d’ abord de vérifier qu’il s’agit bien d’insomnie ; le besoin de sommeil est très variable d’un individu à l’autre, et tout le monde n’a par besoin de dormir neuf heures durant, la durée du sommeil diminuant naturellement avec l’âge.

Si l’insomnie vraie s’installe, il faut chercher une cause sous jacente avant de réclamer un somnifère. Les réveils au petit matin, vers trois ou quatre heures, peuvent être une manifestation dépressive. Dans ce cas, c’est la dépression qu’il faudra prendre en charge, et non l’insomnie.

Les personnes qui viennent consulter sont souvent déçues par les conseils de bon sens. Des « trucs » sont pourtant connus et confirmés par les spécialistes : ne pas aller se coucher juste après avoir mangé, éviter l’alcool et autre excitants, faire une promenade, dormir dans une chambre aérée, boire une tisane apaisante.

Dormir au chaud, oui. Mais pas trop.

Si le froid diminue le temps de sommeil, la chaleur peut provoquer des insomnies complètes, et les expériences  ont montré que l’organisme ne s’habitue jamais à la chaleur.

Plutôt qu’un bain chaud, les  spécialistes du sommeil recommandent une douche tiède, pour  abaisser doucement la température du corps. Et  aussi d’établir des rituels, comme le lever à l’heur fixe. La télévision donne aussi un rythme au sommeil de millions de personnes. Mais celui qui s’endort systématiquement devant son écran par manque d’intérêt, ou de concentration, peut aussi être un déprimé et souffrir d’insomnie…

Les consultations se sont développées dans plusieurs hôpitaux pour établir un diagnostic précis des causes des troubles du sommeil :

enregistrement des phases pour en  déterminer la quantité et la qualité, décompte ds temps précis d’éveil, questionnaire sur les aspects subjectifs. Ces examens attentifs montrent qu certains insomniaques se plaignent d’une absence totale de sommeil alors qu’en réalité ils dorment plusieurs heures. L’insomnie est donc un phénomène complexe, qui mérite une analyse soigneuse et une prise en charge différenciée. Elle devient un problème de santé publique quand elle est mal – et coûteusement – traitée.

 

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