Les riches se portent mieux que les pauvres

Si la situation n’est pas aussi contrastée qu’au XIX° siècle, les inégalités sociales face à la mort et aux maladies se creusent de façon alarmante.
Les catégories socioprofessionnelles ne sont pas en situation d’égalité face a la mort ou aux maladies, pas plus que la population des différentes régions de France.

A 35 ans, les cadres supérieurs peuvent encore espérer vivre 50 ans en moyenne. Pour la catégorie d’ouvriers la moins qualifiée, les manœuvres, cette espérance n’est que de 36 ans à peine. On retrouve cette différence à 60 ans, où l’espérance de vie n‘est plus que de 21,5 ans pour les cadres et de 17 ans pour les manœuvres.

Quant aux inactifs, ils bénéficient à la naissance d’une espérance de vie de près de 65 ans. Sur la période 1960-1989, l’évolution montre que l’espérance de vie masculine est en augmentation constante mais différenciée.

Parmi les catégories ayant une espérance de vie des plus faibles en 1960, les professions de l’agriculture, de l’artisanat et du petit commerce ont enregistré les augmentations les plus importantes (environ 3 ans). Supérieures à celles des ouvriers (2.8 ans). Les instituteurs, dont la situation sociale s‘est dégradée dans la même période, ont connu l‘augmentation la plus faible (0,7 ans).

La mortalité frappe donc différemment la population active, La partie la moins exposée regroupe ingénieurs et membres des professions littéraires et scientifiques : leur mortalité est, entre 35 et 75 ans deux fois plus faible que celle de l‘ensemble de la population. A l’inverse.

La probabilité de décès des manœuvres et salariés agricoles est de 5 à 10 % supérieure à l’ensemble de la population masculine. Viennent ensuite les ouvriers qualifiés et le personnel de service. Les mêmes pourcentages se retrouvent chez les femmes. Ces écarts s‘expliquent en partie par des différences liées aux conditions de travail (exposition aux risques, pénibilité) et aux facteurs de risque liés au milieu social (en ce qui concerne notamment, la consommation d’alcool et de tabac).

Concernant les causes de décès, on observe des écarts importants entre couches sociales, notamment en ce qui concerne les maladies de l‘appareil digestif – y compris la cirrhose du foie les maladies de l’appareil respiratoire et de l’appareil circulatoire. les maladies liées au système nerveux (dont les démences alcooliques). Les différences les plus nettes sont relatives aux cancers des voies aériennes supérieures et à l’alcoolisme : le groupe ouvriers-employés connait une mortalité dix fois plus élevée que celui des cadres et des professions libérales, notamment pour les décès dus au cancer du poumon, un peu moins pour ceux, dus aux maladies cérébro-vasculaires, au suicide, aux accidents de la route et aux infarctus, Seul le sida se distingue par sa fréquence plus élevée chez les professions supérieures.

Quel que soit le groupe de pathologies considéré, les inégalités de mortalité ont tendance à s’accroître depuis dix ans. Le XXIe siècle ne s’annonce donc pas sous le signe de la résorption des inégalités devant la santé. Et ce ne sont pas les seuls progrès de la médecine qui pourront les réduire.

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