SOULAGER L’ARTHROSE ET LES DOULEURS ARTICULAIRES

SOULAGER L’ARTHROSE ET LES DOULEURS ARTICULAIRES

La chirurgie a permis d’améliorer considérablement  le traitement de l’arthrose. D’autres progrès  sont en vue, qui permettront d’agir sur son développement.

Les articulations commencent à  vieillir très tôt dans la vie. Ce phénomène inéluctable, auquel per-  sonne n’échappe, peut rester silencieux. Mais une grande partie de la population, environ 12 millions de personnes en France, en ressent les manifestations. L’explication est à deux niveaux : d’une part, les articulations subissent toute la vie des chocs répétés et s’usent. D’autre part, les cellules assurant le renouvellement du cartilage, les chondrocytes, perdent avec le temps leur capacité d’entretien.

Les articulations les plus menacées sont celles de la hanche et du genou, Les femmes se plaignent plus souvent que les hommes de douleurs dans les doigts et, d’une façon gêné-raie, elles sont trois fois plus sensibles aux manifestations de l’arthrose. Les articulations vertébrales sont moins concernées car elles sont d’une composition différente et parce qu’elles bénéficient de la présence des disques intervertébraux, lesquels peuvent poser d’autres problèmes tout aussi handicapants.

Pendant longtemps, l’arthrose dégénérative fut comprise comme un phénomène de vieillissement normal. Non irrigué par le sang, le cartilage  était considéré comme un tissu quasiment inerte, détruit mécanique- ment par un phénomène d’usure de  ses fibres collagènes.

Vingt ans avec une hanche greffée

Les progrès de la biologie moléculaire ont changé celle façon de voir.  L’usure mécanique est incontestable,  mais d’autres phénomènes cellulaires  beaucoup plus complexes entrent en  jeu. Les chercheurs ont constaté que  les chondrocytes ont une action  double : ils assurent à la fois la formation du cartilage et sa destruction.  Lors d’arthrose douloureuse, L’articulation attaquée est le siège d’une  production anarchique de facteurs  de croissance et d’enzymes qui accélèrent la destruction du cartilage  puis de l’os. Vient alors se superposer un phénomène inflammatoire,  qui est principalement à l’origine  des douleurs.

Les traitements actuels sont symptomatiques. Les médicaments traditionnels sont des anti-inflammatoires, en premier lieu l’aspirine, qui agissent sur la douleur mais non sur le processus de dégénérescence.

Quand l’articulation devient trop douloureuse et se bloque, conduisant à l’invalidité, la chirurgie est indiquée. Prothèses de hanche d’abord,   plus récemment de genou, en raison de la complexité de l’articulation sont   devenues   d’usage courant  depuis   une   quinzaine d’années.  Auparavant, les médecins et les chirurgiens attendaient le plus tard possible pour intervenir, et ce  pour deux  raisons. L’une tenait à la prothèse

elle-même, dont ils craignaient qu’el- le  ne provoque une usure accélérée de l’os au contact d’un biomatériau  artificiel, jamais totalement compatible avec un tissu naturel. Les pro-  grès dans l’adaptation des formes et une meilleure connaissance des bio-  matériaux permettent aux prothèses de rester en place plus de vingt ans sans inconvénient. L’autre raison  résidait dans le risque infectant qui était, en dépit des précautions, plus important que dans les autres interventions chirurgicales. Ré interventions, os détruits,  handicaps, les ravages d’une infection installée dans une articulation sont dramatiques. Les protocoles chirurgicaux ont per- mis de limiter ce risque à un niveau acceptable, autour de 1%.

Ces progrès aussi ont été à l’origine d’abus. Ainsi aux Etats-Unis, où à la demande des malades, les médecins sont par tradition très interventionnistes, une études a montré qu’environ 10% des prothèses de hanche avaient été posées sur des articulations certes douloureuses, mais pas suffisamment atteintes pour justifier un remplacement. Ces abus sont rendus possibles par la subtilité de la démarche diagnostique qui repose pour beaucoup sur la gêne ressentie par le patient. Heureusement, on commence à disposer d’outils plus fiables pour évaluer cet aspect très subjectif. Ce sont, par exemple les indices « algofonctionnels » à partir desquels on peut classer les conséquences de la maladie sur la mobilité de l’articulation et la qualité de vie.

Les médecin utilisent aussi la radiologie et disposent de tests biologiques de cartilage.

Du sport, mais modérément

Plus prudents que leurs confrères américains, les médecins français préconisent d’abord le repos pour soulager la douleur. Ensuite, pour  espacer les crises, ils recommandent un exercice physique nécessaire à l’entretien des muscles qui jouent un rôle essentiel dans le soutien des articulations. Enfin, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et corticoïdes permettent de faire face aux poussées douloureuses. Cependant, ces produits ne sont pas dénués  d’effets secondaires, et certains médecins soupçonnent la prise prolongée d’AINS d’avoir une action néfaste sur le processus arthrosique.

On peut dans une certaine mesure prévenir l’arthrose, notamment par un exercice physique régulier qui ne brutalise pas les articulations. Gare au jogging forcené sur du bitume ou au tennis à haute dose !

Prévention aussi, la correction des anomalies de position qui font subir des contraints anormales aux articulations. On découvre donc une nouvelle approche d l’arthrose : elle ne doit pas être considérée comme un simple phénomène de vieillissement dont on n peut espérer corriger que les effets par des traitements palliatifs. C’est aussi un phénomène complexe, soumis à l’influence génétique, car il y a des familles d’arthrosiques où la maladie se  manifeste tôt, résultant de traumatismes répétés et évitables.

Puisque l’arthrose peut être considérée comme une maladie, on  espère qu’elle sera un jour accessible à des traitements curatifs. Déjà,   tout   en s’attaquant aux symptômes, certains médicaments à action lente visent à modifier le cours naturel d la maladie en agissant sur l’activité cellulaire. Puisqu’ils soulagent la douleur, ils permettent aussi de limiter le recours aux anti-inflammatoires.

Quelques années d’expérimentations et d’études rigoureuses sont encore nécessaires pour déterminer s’ils  ralentissent véritablement le processus. Peut-être pourront-ils un jour le bloquer, avant de trouver le moyen de doper les chrondrocytes, ou de leur trouver un substitut pour renouveler et maintenir en bon état

le tissu cartilagineux. On songe ainsi à cultiver les chondrocytes afin de pratiquer des autogreffes à partir d’une culture des propres cellules  du malade.

 

 

 

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